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Dans le réfectoire résonnait joyeusement le brouhaha des conversations, tandis que les tables se remplissaient et se vidaient à un rythme régulier qui tendait presque à associer les colons à une fourmilière. Des tables, il y en avait de toutes tailles, pour deux personnes jusqu’à l’immense rangée où aimaient souvent s’assembler la pègre joviale pour y rire toujours plus fort. Jake s’installa avec quelques collègues, posant son plateau qu’il tenait d’une main avec une certaine légèreté. Sur son tee-shirt de couleur unie, la phrase du jour était signée Murphy, comme toujours : « Tout ce qui est agréable dans la vie est soit illégal, soit immoral ou fait grossir. » Ce qui était particulièrement véridique, il fallait l’avouer. Parce que ce n’était pas son assiette de pommes de terre reconstituées qui allait transcender la notion de l’agréable. Il piqua dans son assiette avec un air résigné ; après tout, il y avait pire comme vie et comme repas. Loin de lui l’envie pittoresque de lécher les assiettes des premières classes. Le caviar, c’était franchement ragoûtant et ne parlons pas de ces stupides programmes bio et minceur. Mais que n’aurait-il fait pour un hamburger à double étage dégoulinant de sauce ! Les recettes à l’ancienne, comme dans ce restaurant qu’il adorait visiter lorsqu’il rédigeait sa thèse. Une époque révolue, elle aussi… Quel dommage de n’avoir pu embarquer dans les bagages de l’Alpha Chimera ce patrimoine humain qu’était la malbouffe.

Ecoutant de part et d’autre les conversations de ses voisins de table, Jake releva la tête pour balayer le réfectoire d’un œil morne. Et là, au loin, la blancheur éclatante et solitaire d’une silhouette raide attablée seule attira son regard. Sérieusement… encore elle. Quoique, logique, ils n’étaient que mille sur ce vaisseau, cela augmentait fortement les probabilités de se croiser. Mais tout de même, pendant deux mois, tout allait très bien et là, en l’espace de quelques jours, il fallait qu’il se coltine la vue de Dyvan deux fois ! Il cligna de l’œil à plusieurs reprises avant de replonger le nez dans son assiette. Et d’apercevoir son quignon de pain qui trainait sur le plateau. Discrètement, il lança à nouveau un regard vers Dyvan, pour apercevoir qu’elle mangeait… de la soupe. De la soupe de tomates. Par les lois de la thermodynamique, comment pouvait-on tomber si bas… Qui avait inventé un régime alimentaire pareil ?! Mais une telle aubaine, il n’en aurait jamais une seconde fois et l’ingénieur n’avait que très peu apprécié le verre qu’elle avait vidé l’autre jour sur la tête de Bianca. Tout comme la mauvaise surprise de ne pouvoir accéder, ni l’un, ni l’autre, à leurs logements respectifs, à tel point que la coïncidence était trop grande pour être vraie, et qu’il avait alors grandement soupçonné la scientifique d’avoir requis l’aide de Darwin pour un tel sabotage. L’idée n’était pas si saugrenue qu’elle en avait l’air… et pouvait expliquer la présence à bord de cette allergique à la société.

« Les gars, restez parfaitement normaux, continuez votre discussion sur les effets des champs magnétiques sur les matériaux piézoélectriques. Si on vous demande quoi que ce soit, ça ne vient pas de chez nous. », avertit soudainement Jake en plein milieu de la conversation de ses collègues qui d’abord restèrent cois de son intervention, puis, se souvenant de son caractère à propension bravache, lui envoyèrent un regard curieux avant de jouer le jeu, attendant de voir ce qui allait bien pouvoir se passer cette fois. Alors, Jake s’empara de son quignon de pain dans sa main mécanique et, après quelques secondes de mise au point, le lança dans le coin où dînait Dyvan. Et le projectile atteignit bravement sa cible, à savoir, la soupe de tomates. Le quignon transmit sa force au liquide qui éclaboussa alors toute la zone autour de l’assiette, à commencer par la jeune femme et sa combinaison immaculée. Aussitôt, Jake avait retrouvé sa position normale, les doigts enroulés autour de sa fourchette pour terminer ses pommes de terre. Le visage baissé, concentré sur son plateau, incapable de lever les yeux vers ses collègues, qui auraient éclaté de rire avec lui s’il avait croisé leur regard.
le Lun 10 Juil - 22:43


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La lingette est sortit de son emballe et l'odeur du désinfectant vient délicieusement piquer les narines de Dyvan. Seule à table comme à son habitude, la femme tout de blanc vêtu observe son plateau constituer d'une assiette de soupe de tomate, d'un verre d'eau et d'une pomme. Un repas équilibrer pour une femme équilibré. N'est-ce pas? C'est bien ce dont elle s'était convaincu. Jamais elle ne mangeait autre chose que des repas bio et parfaitement préparer, chaque jours un peu de sport en dehors des heures de travail et le coucher le plus tôt possible pour continuer d'avoir la forme. Un rythme de vie saint mais qui laissait peu de place au divertissement et à de activités stimulant le bonheur quel qu’il soit. Alors que Dyvan prend sa cuillère entre deux doigts, de l'autre main elle use de la serviette pour astiquer le couvert en métal avant de faire la même chose sur ses mains. L'hygiène était une chose capitale, en toute circonstance. Nécessaire pour qu'elle se sente bien. Un soupir passe les lèvres de la scientifique qui d’accord un sourire léger avant de plonger sa cuillère dans son assiette de soupe.

SPLAAAATCH

Elle se fige, Dyvan. Le projectile a atterrit lourdement dans la soupe, éclaboussant la table, le plateau et pire encore... Elle. Horrifié, elle pousse un gémissement d'indignation en lâchant sa cuillère qui tinte  dans le plateau. Paniqué et surtout écœuré, Dyvan gémit, à deux doigts de la crise de larmes alors que d'un geste frénétique elle frotte sa combinaison à l'aide de sa lingette désinfectante. C'était répugnant! Et la tomate avait l'art de rester incruster dans les vêtements! Furieuse, elle bondit de sa chaise, toisant les alentours avec un regard assassin à la recherche du coupable. Et elle le vit, juste là... Croyait-il vraiment passé inaperçu? Il était taillé comme une armoire, sans compter ce bras mécanique d'un rouge vif qui était sauf discret. Dyvan sent poindre la colère... La guerre était ouverte. Elle s'empare de son bol de soupe puis toujours avec ce maintient robotique, elle pivote et s'approche de la table discrètement. Féline, silencieuse au possible, Dyvan se glisse dans le dos de Jake puis retourne son assiette. Non sans un sourire qui pue la haine et l'hypocrisie, elle renverse la soupe sur la tête de son ex avant de venir poser ladite assiette sur la table sous le regard des autres ingénieurs.

« Avec les compliments du chef. »

L'atroce scientifique se penche doucement, approchant son visage stoïque de celui de Jake et esquisse un sourire mauvais.

« Profite donc, c'est peut-être la seule fois de ta vie que tu auras la chance de goûter un plat décent. »
le Lun 10 Juil - 23:09


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La réaction ne se ferait pas attendre, Jake en était persuadé, et à raison : dès qu’elle l’aurait repéré, lui, le grizzli au bras cybernétique, les connexions de son cerveau ne tarderaient pas à faire le rapport entre sa présence et celle du quignon de pain dans son assiette. Et ce fut exactement ce qui se passa. « Attention, elle arrive. », souffla l’un de ses collègues face à lui. Il l’avait senti arriver gros comme une maison, le bol de soupe renversé sur sa tête, provoquant le soudain silence à sa table. Un silence d’abord consterné puis tendu par cette envie de rire générale qui chatouillait tout le monde, Jake y compris. « Comme c’est aimable de sa part. », rétorqua-t-il avant de lever le nez en direction de la jeune femme, toujours aussi rigide et déshumanisée. La texture liquide mais visqueuse de la soupe dégoulina dans ses cheveux, sur son visage et courut sur son cou et le long de son dos. Une douche chaude, pas forcément la chose la plus appréciée mais après tout, ne venait-il pas de se rincer les cheveux avec un shampoing de haute gastronomie ?

De l’index, il parcourut son front pour le nettoyer de la soupe qui allait finir par lui couler dans l’œil, avant de porter son doigt vers ses lèvres pour goûter la mixture sacro-sainte. « C’est dommage d’avoir gaspillé tant de décence pour moi, mais merci quand même. D’ailleurs… ça manque de sel. D’assaisonnement, aussi. Hum… j’ajouterais d’ailleurs que c’est même un peu trop fade, ça manque de… texture, sans doute. Et de volupté. » Regard appuyé sur Dyvan. « Je dirais même plus, ça manque de consistance. Navré pour le chef qui a certainement fait des pieds et des mains pour réussir à mixer ses tomates dans un Blender, mais ça vaut sûrement pas un hamburger. Bien gras, bien plein de calories. » Il esquissa un sourire et s’empara d’une serviette pour s’éponger le visage, remarquant que ses collègues ne perdaient pas une miette de l’échange, et dont les expressions oscillaient invariablement entre la cruelle envie de rire aux éclats, ou la stupeur face aux méchancetés gratuites que s’échangeait l’ancien couple.

Un comportement auquel Jake ne s’adonnait qu’avec Dyvan, en vérité. Parce qu’il aurait été incapable d’être autrement après avoir sciemment renoncé à elle et mit tant de temps à remonter la pente de cette rupture, à tenter d’oublier cet amour qui l’avait tellement brûlé. C’était ancien, c’était du passé, mais alors qu’elle avait ressurgi comme ça dans son existence, plus froide, plus inhumaine que jamais, que pouvait-il bien faire d’autre ? L’ignorer… oui, sans doutes, c’eut été la chose la plus sage à faire. Mais Jake ne l’était pas. Et pour confirmer cela, il secoua sa tête en s’ébrouant, pour terminer de se débarrasser du plus gros de la soupe, aspergeant Dyvan au passage. « Oh, pardon ! Te voilà pleine de soupe. Mais attends… c’est pas hygiénique du tout, ça. Eerrrk ! Tu devrais filer à la douche pour t’aseptiser ou tu risques d’attraper une septicémie. On n’imagine même pas le nombre de satanés microbes qu’il peut y avoir dans de bêtes tomates bio. »
le Lun 10 Juil - 23:50


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De la malbouffe... C'est tout ce à quoi pensait Jake en cet instant? Manger? Bon sang, était-il vraiment possible de passer autant de temps concentrer sur la nourriture? Pour elle qui ignorait la faim et jouissait de repas à sa convenance, c'était évidemment un concept qui lui était étranger. Dyvan recule doucement le visage, observant Jake qui s'essuie à l'aide son doigt. Le spectacle était merveilleux à voir, ainsi humilié devant tous ses collègues. Alors quand l'ingénieur mentionne le hamburger qui semble lui faire terriblement envie, Dyvan esquisse une grimace de dégoût et murmure.

« Tu es écœurant... Cela dit ça explique pourquoi ton postérieur est aussi gros, contrairement à tes neurones. »

Un rire soufflé passe les lèvres la femme qui pique une des serviettes d'un des ingénieurs les plus proches d'elle et essuie sa combinaison pour tenter de retirer les dernières tâches de soupe. Une horreur, comment pouvait-on faire preuve aussi peu de décences? À croire que Jake avait mentalement régressé en huit ans... Pire qu'une enfant. Et le pire c'est qu'il enr ajoutait une couche, secouant la tête et envoyant des gerbes de soupe sur son ancienne fiancée qui grimaça de plus belle en geignant.

« Bon sang! Ne t'arrêtes-tu donc jamais?! »


La plainte est parti dans les aiguës, trahissant un agacement prononcé. Dyvan perd peu à peu le contrôle de ses nerfs, comme l'or de cette soirée au Cube. Elle recule d'un pas, toisant Jake avant de le menacer du doigt.

« Continue comme ça et je te jure que je vais te faire regretter amèrement ton séjour sur ce vaisseau! Et ne me met pas au défis Jake, j'ai les moyens de le faire et tu le sais très bien. »

Un sourire mauvais étire ses lèvres alors qu'elle se penche de nouveau vers lui, observant les sillons de soupe qui ruissellent sur son faciès.

« D'ailleurs, j'espère que Bianca a apprécié mon petit cadeau... »


Dyvan inspire longuement, retrouvant son attitude froide et austère alors qu'elle se détourne de la table. Elle jette un rapide regard aux occupants de ladite table, les toisant férocement et non sans une pointe de mépris dans le regard. Ces ingénieurs... Qu'est-ce qu'on pouvait bien leur trouver? Alors qu'elle commence à s'éloigner, Dyvan finit par se figer avant de pivoter de nouveau le visage pour toiser Jake, haussant les épaules.

« Et tu me dois un repas, un cocktail ainsi que le lavage de ma combinaison. »


Bien et à présent, la douche? Oui effectivement c'était une idée sensée. Sans un mot de plus, sans même un regard, sans un au revoir poli pour les ingénieurs, la femme s'éloigne. Toujours ce dédain tirant son visage, la démarche tendue . Sauf qu'une fois en dehors de la pièce, Dyvan perdit toute sa froideur, venant coller son dos contre le mur le plus proche et s'accorde un long soupir. Était-elle condamnée à subir ce genre de gaminerie chaque fois qu'elle le croiserait? Elle avait honte. Honte de lui et de son comportement. Honte d'elle et de son incapacité à rester raisonnable face à la situation. Et il y avait toujours cette douleur cuisante dans sa poitrine. Alors qu'elle se laisse aller, Dyvan ferme les yeux, profitant du vide du couloir, de son silence reposant. Encore une seconde ou deux, rien qu'un peu, pour retrouver la paix, calmer les battements effrénés de son pauvre cœur malmené.
le Mar 11 Juil - 0:14


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La bonne vieille rengaine qui revenait au galop, donc elle commençait à être à court de munitions. « Tu t’es pas vue. », rétorqua-t-il du tac au tac avant de se secouer joyeusement, ricanant lorsqu’elle couina comme un chiot apeuré. « J-A-M-A-I-S ! », affirma-t-il sans doute aucun. Etait-il seulement possible qu’il en ait un jour marre de la sortir de ses gonds et de lui faire perdre tous ses moyens ? Non, sûrement pas, tant qu’elle agissait de la même manière avec les autres. Oui, parce qu’il n’avait pas pu s’empêcher de mener sa petite enquête et même les collègues en robotique de Dyvan la trouvaient proprement insupportable. Une peste qui n’estimait que ses fichues créations de métal et de transistors, tout autant dénués d’imagination qu’elle. Une peste qui pétait plus haut que son postérieur et qui n’avait plus grand chose à voir avec la Dyvan qu’il avait connue et aimée. « Tu menaces un pauvre handicapé ? Quelle honte… Tu n’es même pas digne de t’abaisser à cela, tu te rappelles ? », rétorqua-t-il d’un ton on ne pouvait plus sarcastique.

A l’évocation même de Bianca, le regard de l’ingénieur pétilla avec une force qui était de fort mauvais augure. Au moins, elle, n’avait pas sautillé de rage pour un verre renversé sur sa robe. Elle en avait des tas d’autres plus jolies, de toute façon. « Elle ne hurle pas en sautant au plafond par peur des microbes. », susurra Jake. « Bizarrement, ce soir-là, elle n’a pas pu accéder à ses appartements… moi non plus, d’ailleurs. Du coup, on a passé la nuit à la piscine. Et on n’a pas fait qu’y barboter, d’ailleurs. » Un sourire incroyablement narquois se saisit des lèvres de l’ingénieur alors que son voisin ne put s’empêcher plus longtemps de pouffer de rire. Il était dans la nature des chercheurs issus de l’université de mépriser les ingénieurs et inversement. On ne changerait pas des siècles de petites guerres intestines en allant fonder une colonie ailleurs dans la galaxie. La meilleure défense était la fuite et cela, Dyvan semblait l’avoir très bien intégré. Sa conclusion laissa Jake lever l’œil au ciel. Elle avait été déjà plus en forme que ça, la petite. « Considère que c’est l’ardoise que tu me devais pour avoir pris plus de la moitié de l’appartement. » Quand bien même, en réalité, Jake s’en foutait, mais d’une force…

Lorsqu’elle disparut enfin, la diablesse, l’ingénieur se sentit à nouveau respirer plus librement, et la pression qui enserrait ses entrailles diminua. D’un geste machinal, il s’essuya à nouveau le visage, mais la soupe avait commencé à refroidir et à sécher sur sa peau. Il lâcha un long soupir en remarquant les regards de ses collègues braqués sur lui. « Tu devrais aller lui parler. », lâcha l’un d’eux au bout d’un moment de silence. Jake haussa un sourcil peu convaincu. « Hors de question. Nope. Même pas en rêve. » Allez parler à Dyvan ? Et lui dire quoi, au juste ? En plus, à devoir choisir entre une soirée avec Bianca et celle avec Dyvan, le choix était déjà tout tracé. Et en parlant de soirée, un petit passage sous la douche ne serait pas du luxe. Y avait mieux que la tomate, comme parfum. L’ingénieur se redressa, quitta la table et s’empara d’un paquet de lingettes sur le mur du réfectoire pour commencer à se débarbouiller sur le chemin. En sortant dans le couloir, la première chose qu’il aperçut fut Dyvan clouée contre un mur. Pauvre petite créature qui voulait paraître si forte en étant infernale… Mais même malgré toute l’inimitié qu’il se forçait d’éprouver pour la jeune femme, la voir aussi fragilisée, aussi ébranlée par leur confrontation de tout ce qu’il y avait de plus puéril le stoppa dans sa marche. La pointe acérée du remord commença à creuser son ventre et il se sentit obligé de lui tendre le paquet de lingettes après s’être approché d’elle. « Dyvan... », marmonna-t-il en restant muet au milieu de sa phrase. Dyvann, quoi ? Dyvan, je suis désolé ? Non. Il ne l'était pas encore assez pour l'avouer. Il ne pouvait pas.
le Mar 11 Juil - 1:18


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La douleur la ronge comme un poison. Alors qu'elle s'enferme dans sa bulle, Dyvan ne peut s'empêcher d'imaginer le couple dans cette fichu piscine. Elle qui avait tout fait pour les séparer, n'avait fait que leur offrir un endroit plus indécent encore, pour leurs ébats sexuel. Quelle cruauté chez Jake, cela lui rappelle ce jour où il l'a jeté dehors sans ménagement. Qu'avait-il dit déjà? L'étoile de mer... C'est vrai qu'elle avait toujours été frigide mais cela voulait-il dire qu'elle n'était pas comblé avec lui? Elle l'avait toujours été, Dyvan ignorait juste comment l'exprimer. On lui avait apprit la retenue, la décence, la bienséance, l'art du politiquement correcte. Le tout avec une sévérité démesurée, une absence totale de compassion.

Dyvan...

Elle n'avait pas entendu la porte s'ouvrir, elle n'avait pas entendu Jake s'approcher. La scientifique ouvre les yeux et sursaute de surprise en effectuant un mouvement de recul. Qu'allait-il faire encore? Qu'allait-il lui jeter? Au point où ils en étaient, sans doute allaient-il même la frapper. Mais non, la seule chose que fit l’ingénieur, c'est lui tendre un paquet de lingette désinfectante qu'elle affectionnait tout particulièrement. Perplexe, la femme déglutit, observant Jake avec un regard méfiant. Elle hésite, persuadé qu'il s'apprête à faire un mauvais coup, à lui faire des reproches, lui  mettre dans le nez combien elle est une personne horrible. Et c'était vrai, Dyvan était horrible. Horrible mais plus humaine qu'il n'y paraissait. Lentement, elle tend la main et s'empare d'une lingette, tirant délicatement dessus puis recule d'un pas, mouvement rapide, toujours guidé par la méfiance. Mais rien ne se passe, aucune blague douteuse, aucun quignon de pain où autre projectile bon à lui être balancer comme on le ferait avec un animale dans un zoo. Et puis il y a ce regard. Cet unique œil qui a radicalement changé d'expression. Il n'y a plus le rire, il n'y a plus la malice. Juste une vague... de culpabilité. C'était cela, n'est-ce pas? Une des rares émotions qu'elle était capable de reconnaître pour toutes les fois où elle l'avait vu dans ses propres yeux. La jeune femme chiffonne nerveusement la lingette entre ses doigts, soutenant le regard de son ex-compagnon et murmure.

« Ton prénom... à une lettre près... ça donne cake. »


Dyvan... tentait-elle de l'humour?! Un miracle. La jeune femme détourne le regard, subitement mal à l'aise et souffle.

« Pardon, je... j'ai essayé mais je ne suis pas doué pour les blagues. »


C'était indéniable mais au moins la tentative marquer un tournant dans l'effort. Elle pouvait bien faire ça, après tout Jake lui avait donner des lingettes. Le geste le plus gentil depuis leur retrouvailles. Mais était-ce suffisant? Non, cela ne rattraperait jamais tout le mal qu'ils s'étaient fait, l'un comme l'autre. Dyvan se colle à nouveau contre le mur, serrant la lingette dans son poing et observe le vide du couloir en poussant un long soupir, murmurant.

« Je déteste Bianca. » Sa tête dodeline doucement. « Je déteste te savoir ici. » Elle ferme les yeux. « Je déteste la façon dont tu me regarde. Je déteste la façon dont tu me parle. Je déteste encore plus la façon dont tu me vois. »

La douleur revient à la charge et alors que Dyvan entrouvre les yeux, l'eau salée s'en s'en écoule lentement, roulant sur ses joues de porcelaine. Des larmes, des vrais. Si son visage reste figé comme à son habitude, son regard lui est bien plus parlant alors que d'une voix brisée, elle murmure.

« Si tu savais... le mal que tu m'as fait... »
le Mar 11 Juil - 1:46


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Jake dut faire preuve de toute la patience du monde pour ne pas lever le regard au ciel lorsque la jeune femme observa son geste d’un œil plus que soupçonneux. Mais bon sang, elle n’imaginait tout de même pas qu’il avait caché un bocal de cafards en plein milieu de ce fichu paquet de lingettes ? Il resta parfaitement immobile, le bras tendu dans sa direction, attendant qu’elle s’empare enfin d’une sacro-sainte lingette, s’obligea à ne pas esquisser une moue passablement boudeuse, presque blessée, suite à la réaction de Dyvan. Sérieusement, était-il donc à ce point monstrueux pour penser qu’il lui avait tendu un piège prémédité et aux détails parfaitement millimétrés ? Certes, il avait été loin d’être l’homme le plus charmant de la galaxie en la renvoyant effrontément de chez eux, mais malgré tout leur amour, leurs divergences avaient commencé à les séparer, à fissurer leur lien qu’il pensait indéfectible et puis… son accident n’avait rien arrangé.

Que se serait-il passé si l’ingénieur avait accepté de mettre son égo de côté pour accueillir l’aide qu’elle voulait lui donner à l’époque, par sa présence et bien plus encore par son soutien ? Ils ne le sauraient sans doutes jamais. A la place, il n’avait vu dans le regard de Dyvan que son propre dégoût de lui-même, l’aversion qu’il ressentait pour l’être brisé qu’il était devenu. Bien sûr, la jeune femme n’aurait jamais hésité à lui offrir à la meilleure des prothèses bioniques. Mais Jake s’était toujours, absolument toujours refusé à vivre aux dépends de qui que ce soit. Parce que ses parents n’avaient pas été des gens particulièrement riches et qu’il était parti de rien. Alors, la fierté de pouvoir s’afficher au bras de Dyvan, d’être au volant d’un véhicule de rêve… tout ça à force de volonté et d’efforts pour se hisser jusque-là où il avait pu se hisser. Il avait toujours été persuadé que mettre fin à leur relation était la chose la plus raisonnable à faire, pour ne pas l’entraver elle, et ne pas avoir à vivre avec ce poids constamment sur les épaules.

Finissant par appuyer son épaule sur la paroi métallique tout en observant Dyvan triturer sa lingette, le regard perdu entre deux eaux, ce fut la boutade lancée par la jeune femme comme une pierre au milieu d’une mare qui sortit Jake de ses pensées. Hein ? Quoi ? Qu’entendait-il ? Serait-ce… de l’humour ? Impossible. L’ingénieur n’en croyait pas ses oreilles, et son visage se figea en une expression perplexe pendant une ou deux secondes, avant qu’un rire d’abord timide, puis éclatant, ne franchisse sa gorge. « Personne me l’avait jamais faite, celle-là. », réussit-il à articuler en reprenant son calme. Personne n’avait osé, c’était surtout ça… sans doutes. « C’est plutôt bon pour un essai. », ajouta-t-il en esquissant un maigre sourire, ne sachant quoi ajouter, quoi dire de fondamentalement important, voire quoi faire. Il se sentait perdu, à flotter entre deux courants, l’un, très ancien, qui lui donnait de la compassion pour Dyvan, qui ne supportait pas de la voir dans un tel état, qui ne comprenait pas ce qu’elle était devenue, et l’autre qui voulait l’empêcher de s’en soucier, qui avait toujours été artificiel au point où il était presque devenu naturel après ces années d’efforts.

L’ingénieur fronça les sourcils à nouveau quand elle évoqua Bianca. « J’avais deviné tout seul. », commenta-t-il en croisant les bras sur son torse. Cette confidence avait le don de l’étonner sans l’étonner, sentiment plutôt étrange. Ça oui, il avait bien remarqué que ni l’une, ni l’autre, ne pouvaient se supporter, sans avoir besoin de se connaître. Après tout, on aimait rarement son reflet inversé, surtout lorsqu’il s’agissait de son caractère. Mais puisqu’elle le détestait déjà, que pouvait-il bien avoir à en faire, de Bianca ? Il sentit ses doigts se crisper sur sa peau en voyant les larmes de Dyvan glisser le long de ses joues. S’il savait… quel mal au-delà de toute mesure avait-il pu lui faire pour que la jeune femme se transforme en… ça ? Elle avait toujours été si forte, si inébranlable… leur rupture ne pouvait tout expliquer, car même lui, qui avait renoncé sciemment à l’amour de sa vie, tout en étant déjà dans un état critique, était parvenu à remonter la pente. « Dyvan… que s’est-il passé ? », souffla-t-il, ne sachant lui-même s’il demandait plutôt : que s’était-il passé pour que leur histoire se finisse ainsi ? Que s’était-il passé pour qu’elle change à ce point, pour qu’elle renonce totalement à son humanité ? Qu’avait-il fait ?
le Mar 11 Juil - 19:34


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Dyvan… que s’est-il passé ? 

Dans sa voix il y a l'inquiétude, il y a sans doute un fond de culpabilité aussi. Mais était-ce suffisant, le mal lui, était déjà fait depuis bien longtemps. Huit longues années à tout faire pour passer outre, à se cacher derrière un masque de froideur intense dans l'espoir de ne plus avoir à ressentir cette douleur. Mais rien ne pouvait guérir de la perte d'un enfant. Rien. Dyvan avait appris à ses dépens que pactiser avec le Diable lui donnait tout droit, même sur votre vie. L'Evolved corps lui avait tout pris, comme si perdre Jake n'avait déjà pas été suffisamment douloureux ainsi. Mais elle avait continué, elle avait avancé, toujours avec cette même force. Il y avait beaucoup de choses que l'on pouvait reprocher à Dyvan mais certainement pas l'absence de dignité ou de détermination. La témérité avec laquelle elle surmontait les épreuves était incroyable, même si elle ne le faisait pas toujours de la bonne façon. Entre deux sanglots, sa tête dodeline alors que son regard reste figé sur le vide qui lui fait face. Elle voudrait lui hurler la vérité, lui faire mal pour qu'il puisse imaginer un semblant de tout ce qu'elle avait éprouvé. Mais seule un souffle brisé passa ses lèvres, chuchotant une vérité plus amère et douloureuse que n'importe quoi d'autre.

« Tu as tué notre enfant. »


Sa main se lève, se plaque sur sa bouche pour étouffer un sanglot avant que son dos appuyé contre le mur ne se mettre à chanceler. Elle refusait d'en parler depuis des années, le sujet était devenu tabou, même avec Edon. Le sanglot est si intense que Dyvan en a un acouphène dans les oreilles, elle sent les battements effrénés de son cœur, le sang qui pulse dans chacun de ses membres. C'est assourdissant.

« Quand tu m'as laissé... j'étais enceinte de deux mois. Evolved a rapidement découvert mon état... Ils m'ont menacé en prétextant qu'il était inadmissible que les employés de la corporation brisent les règles établies... mais parce que j'étais douée, ils m'ont fait une offre. »

Dyvan renifle difficile puis pivote le visage pour darder ses yeux clairs sur Jake. Son maquillage noir coule le long de ses joues, brisant la pureté de ses traits immaculés.

« Ils m'ont dit que je pourrais rester dans l'entreprise si je faisaient une interruption de grossesse. Je venais de te perdre toi et je ne pouvais pas élever un enfant seul... Alors j'ai accepté mais j'ai exigé une dérogation contre le mariage arrangé... cette fois ce sont eux qui ont accepté, mais à une condition... » Dyvan baisse le visage, étouffant un nouveau sanglot. « Puisque je refusais le mariage, je n'avais pas besoin de concevoir un enfant. Alors en guise de garantis Evolved m'a forcé à la stérilisation. »

La scientifique secoue la tête, plaquant ses mains sur son crâne. Tout cela la rendait folle. Folle de haine, de chagrin. trahit par son amour, trahi par cette société qu'elle avait toujours adulée. Et l'on s'étonnait qu'elle ne fasse confiance à personne?

« Tu m'as brisé et eux m'ont tout pris... Je ne suis plus rien... Je ne suis plus rien... »

le Mar 11 Juil - 20:09


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La réponse de Dyvan, bien que s’échappant d’une voix brisée, lui fit l’effet d’une gifle, et le fait qu’elle ait été si calme, mais si triste en lui dévoilant la vérité, était sans doutes bien plus douloureux que si elle le lui avait hurlé au visage. « J’ai… quoi ?! », s’étrangla Jake, incapable de comprendre, incapable de s’imaginer l’impensable. Et pourtant, c’était loin d’être une plaisanterie. D’ailleurs, comment espérer pouvoir s’attendre à une blague, de la part de la jeune scientifique ? Elle venait à peine d’en faire une, elle avait donc son quota pour les dix prochaines années. Son récit finit lentement d’achever l’ingénieur qui sentit soudainement le sol se dérober sous ses pieds. Un séisme qui ébranlait jusqu’aux plus solides de ses fondations, basées sur des considérations qu’on venait de raser. « Mais… » C’était à peine si on put entendre le son de sa voix brisée par l’effarement, l’horreur de l’annonce. Les monstres… en avaient-ils seulement quelque chose à foutre, de leurs employés, qu’ils n’embauchaient que pour leur cellules grises et dont ils les en vidaient jusqu’à la moelle ? Et là encore, il n’était pas au bout de ses surprises.

Jake s'étouffa en apprenant la stérilisation forcée de la jeune femme, imposée par Evolved Corp. C’était trop. Il ne pouvait en entendre davantage. Il relâcha ses bras et se décolla du mur, faisant quelques pas chancelants au milieu du couloir, cachant ses doigts tremblants dans ses poings serrés, tandis qu’un poids invisible oppressait peu à peu sa poitrine, désordonnant sa respiration qui suffoquait. Comment tout cela avait-il pu être possible ? Comment avait-elle pu se résoudre à accepter une chose pareille ? « Pourquoi… pourquoi tu m’as rien dit ? », réussit-il enfin à articuler après un long instant de silence. S’il avait su… alors quoi ? Serait-il resté avec elle, vraiment ? Aurait-il été capable d’assumer cette paternité au pire moment de son existence ? Qui sait ? Ce bébé aurait pu être une chance à laquelle se raccrocher, un phare pour guider sa nuit sans fin, noyée dans les tempêtes abyssales de ses cauchemars. Cet enfant aurait pu les réconcilier, non pas par le devoir de le garder et de l’élever, mais pour rétablir ce pont qui s’était brisé entre les deux compagnons, il n’aurait été que le vecteur le plus fort pour les rendre à nouveau ouverts et sensibles à l’amour qu’ils se vouaient.

L’incompréhension le saisissait mais ce qui s’empara soudainement de Jake, ce fut une vague de rage insoutenable. Contre lui-même, contre Dyvan, contre Evolved, contre tout le monde, contre l’univers. Le besoin d’un exutoire à sa colère devenait nécessaire. Frapper un mur. Rien que cette pensée avait quelque chose de satisfaisant. Mais on l’enverrait au trou pour dégradation de matériel. Renversant la tête en arrière, il serra son front entre ses mains. Maudit, il était maudit, il n’y avait pas d’autre explication. Rien, dans aucune loi de la physique, ne permettait d’expliquer pourquoi le sort s’était ainsi acharné sur leur couple. « Tu savais et tu n’as rien dit… et ensuite, tu as… tu as… » Il fut tout bonnement incapable de terminer sa phrase, trop choqué, trop sonné, trop tout. L’accablement s’abattait sur Jake telle une pluie torrentielle, la culpabilité explosait, la colère le rongeait. « Je pourrai jamais me pardonner ça… mais tu es autant coupable que moi. » Son œil fixa un instant le visage de Dyvan qui ruisselait de larmes et, sans un mot, comme un automate, il tourna les talons et s’éloigna à grands pas.
le Mar 11 Juil - 23:45


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Le karma qui s’abat. Au delà de sa tristesse, de son désarroi, Dyvan voit bien que Jake vit mal cette annonce. Au fond, quelque chose lui fait plaisir, c'est de voir une ébauche de sa souffrance dans le regard de son ex-fiancé. Oui, qu'il souffre comme elle avait souffert aussi...Et elle cela faisait huit années qu'elle vivait avec ce sentiment qui étriquait son cœur. Dyvan renifle, sanglotant tout en fixant Jake d'un regard mauvais qui en disait long sur le colère qu'elle éprouvait alors quand il la question sur les raisons qui l'on poussé à garder le silence, Dyvan lui crache avec amertume.

« Tu étais une épave, Jake. Tu ne tenais même plus de bout, tu étais ivre chaque soir... J'attendais seulement que tu surmonte ton agonie pour t'annoncer la nouvelle. Je savais que ce n'était qu'une question de temps, tu étais fort malgré tout. Tu l'as toujours été... je savais que tu remonterais la pente, j'espérais t'annoncer ma grossesse dès l'instant où tu irais mieux parce que je ne voulais pas que ce bébé soit vu comme une erreur de plus. Alors quand tu m'as quitté... C'est devenue... Insupportable. Je refusais que mon enfant soit une monnaie d'échange pour regagner ton affection... Tu puis tu avais été clair. Tu ne m'aimais plus... »

Les larmes lui brouille la vue mais la silhouette floue de Jake est fixé avec méfiance. Il était si tendu, une vraie bombe à retardement qui menaçait d'exploser d'un instant à l'autre. Elle craignait les cris, les coups, les reproches. Dans un tel état, qui sait de quoi Jake serait capable?

 Tu savais et tu n’as rien dit… et ensuite, tu as… tu as…

« Oui! Oui je savais! Oui je n'ai rien dit! Mais tu as été un tel monstre avec moi que je ne pouvais rien dire! Tu me voyais user de notre enfant pour te récupérer? Je suis capable de beaucoup de chose Jake, mais certainement pas de m'abaisser au chantage affectif! Tu-ne-m'aimais-plus. » S'écrie t-elle avant que sa voix de ne se brise. «  Alors que moi... Je n'aimais que toi... J'aurais donné ma vie mille fois pour toi... »

Et c'était la vérité. Aussi froide était-elle, Dyvan n'aurait pas hésité une seconde. Elle avait passé tant de temps à son chevet, anxieuse à l'extrême, compatissant pour la douleur de son compagnon et pour son malheur... Mais elle aurait beau dire, il n'y croirait pas. Il ne croyait jamais rien. Il lui fallait toujours un sourire, une preuve de tout. Il n'avait jamais réellement cru en elle.

Je pourrai jamais me pardonner ça… mais tu es autant coupable que moi.

« Eh bien nous verrons lequel de nous deux est le plus téméraire... Tu n'as jamais bien vécu avec ta propre lâcheté. »

Siffle Dyvan, la voix plus glaciale que jamais. A son tour elle se détourne, filant en sens inverse de Jake pour disparaître au détour du couloir.
le Mer 12 Juil - 0:21


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