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C’était d’un pas nonchalant que Jake traversait l’interminable couloir de l’étage de vie, observant parfois, d’un œil envieux, les quelques trottinettes magnétiques qui passaient en silence, transportant là un important grabataire trop flemmard pour marcher, ou là une midinette oisive trop hautaine pour se mêler aux passants (et que Jake soupçonnait de vouloir cacher le fait qu’elle ne savait pas marcher avec ses hauts escarpins). L’on pouvait aisément constater, juste dans ce couloir, combien la vie semblait plus douce à bord de l’Alpha Chimera que sur Terre. En même temps, étaient réunis en un seul endroit tous les divertissements possibles et imaginables, le rêve pour une personne qui n’en aurait jamais eu les moyens sur le plancher des vaches. L’ingénieur repoussa une dernière fois ses cheveux sombres en arrière de sa main robotique, avant de rajuster, de ses doigts de chair, la chemise noire qu’il portait pour l’occasion et dont il avait royalement snobé les deux boutons du haut. Dans son dos, en lettre blanches qui luisaient faiblement, était inscrite une des nombreuses lois de Murphy que l’ingénieur adorait, au point qu’il en trouvait toujours une pour chaque situation : « Ne jouez jamais à saute-mouton avec une licorne ». Il entra dans un des bars les plus branchés du vaisseau, où résonnait déjà les percussions de la musique qui avait attiré quelques couples ou célibataires en attente d’attirer une âme charitable ou trop ivre pour être trop regardante.

En entrant dans le large espace, Jake balaya l’endroit de son œil bleu, tentant d’apercevoir la fille avec qui il avait un rencard, sachant qu’il avait un peu d’avance et, ne la voyant pas, prit la direction du bar qui n’était pas encore bondé. Mais, sur le chemin, la vision d’une femme si froide, si mécanique, au teint trop austère pour être humain, qui se tenait avec raideur sur tout un canapé l’arrêta. Il l’étudia pendant quelques secondes, avec une vague idée de déjà vu sans pour autant que cela colle totalement avec le souvenir qui lui filait entre les doigts. C’était si bizarre, on aurait dit un androïde de dernière génération mais encore plus abouti, parce que pour une fois, ces coincés du cul d’experts en robotique s’étaient enfin décidés à donner une paire de seins et de fesses à leurs androïdes. Et dans le même temps, l’attitude et le visage trop proche de l’humain pour l’être totalement, avaient quelque chose de familier à l’œil de l’ingénieur. Quelque chose qui lui rappelait invariablement son ex. « Incroyable… », souffla-t-il en dévisageant la créature, avant de s’en approcher avec curiosité. Etait-ce le nouveau gadget du bar pour attirer plus de monde ? La bimbo-robot qui servirait à faire salle comble tous les soirs ?

Il se posta pile devant la femme-droïde pour pouvoir l’examiner de plus près. Oh oui, c’était frappant comme son visage lui rappelait Dyvan ! Peut-être avait-elle été le modèle qui avait inspiré les concepteurs de la machine… Il se souvenait qu’elle avait commencé à travailler pour le département robotique de l’Evolved Corp le jour où ils s’étaient demandés en mariage. Une union qui n’avait jamais eu lieu, devait-il en remercier le ciel. Ou le regretter amèrement, il n’avait jamais réussi à statuer sur le sujet. « C’est dingue, je pensais pas qu’ils avaient emmené de tels prototypes dans les cartons du vaisseau… Les programmeurs se sont enfin lâchés un peu pour faire quelque chose d’un peu… un peu plus… évolué. » Un sourire amusé fendit les lèvres de Jake. « Bizarrement, tu me rappelles quelqu’un, droïde. Et on croirait bigrement que t’es humain, chapeau. J’ai failli me laisser avoir. A quoi sers-tu, ici ? » Le jeune homme rapprocha davantage de celui du droïde, tendant légèrement la main pour étudier la texture de la peau qui ressemblait incroyablement à de la peau organique. « Tu vas sûrement avoir beaucoup de succès en tout cas. Dis-moi, est-ce que tu tailles des pipes ? »
le Dim 9 Juil - 23:02


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La pénombre, les néons, la musique et les éclats de voix.
Il y en avait des lieux comme celui-ci sur l'Alpha Chimera mais rare étaient ceux où les classes moyennes avaient de quoi s'offrir les consommations ou même simplement l'accès. Le Cube, tel était son nom, était un lieu déjà réputé pour sa clientèle privilégier et son ambiance magnétique à souhait. Les clients n'étaient pas nombreux, quelques dizaines tout au plus mais c'était déjà bien assez. Alors ils étaient, les boissons fluorescentes à la main, dansant sur sous l'éclairage bleuté et blanc des néons qui éclairait l'endroit On ricane, on discute, on se frotter, on gesticule... la plèbe avait cette manière bien à elle de décompresser, de savourer cette nouvelle liberté. Et Dyvan, dans tout ça ? La voilà assise sur un large canapé, les bras étendus sur le dossier et les jambes croisées avec une élégance particulière. Sa tenue même, avait ce quelque chose bien loin des jeux de séduction qui se déroulaient sous ses yeux. Immobile et parfaitement stoïque, ses yeux d'un bleu clair et magnétique reste figé sur la foule occupé à danser et s'amuser. Elle ne bouge pas, c'est à peine si sa poitrine serrée dans sa combinaison se soulève lors de ses inspirations. Pas même un battement de cils... Curieuse créature que voilà, beauté glacée est totalement déshumanisée.

 C’est dingue, je pensais pas qu’ils avaient emmené de tels prototypes dans les cartons du vaisseau… Les programmeurs se sont enfin lâchés un peu pour faire quelque chose d’un peu… un peu plus… évolué. Bizarrement, tu me rappelles quelqu’un, droïde. Et on croirait bigrement que t’es humain, chapeau. J’ai failli me laisser avoir. A quoi sers-tu, ici ?

Une voix qu'elle ne connaît que trop bien, qui faisait partie de son passé. Dyvan ne bronche pas alors que la massive silhouette se pose devant elle, la coupant dans sa contemplation. Le visage est différent, plus élégant que la dernière fois qu'elle l'avait aperçu, rongé par un barbe bien taillé. Silencieuse, la femme relève les yeux vers lui alors qu'il se penche, l'observant attentivement. Qu'avait-elle donc fait pour mériter cela, Elle qui avait fui la terre pour échapper au souvenir douloureux de son ex-fiancé, voilà que celui-ci se trouvait à bord du même vaisseau colonial.? Une mauvaise blague....

Tu vas sûrement avoir beaucoup de succès en tout cas. Dis-moi, est-ce que tu tailles des pipes ?

La vulgarité qui s'échappe de ses lèvres arrache un frisson de dégoût à la scientifique. Qu'était-il devenu ? La proie de sa propre déchéance. Il n'y avait que lui pour voir que la femme devant ses yeux était un prototype robotique. Quant à l'usage qu'il lui destinait, elle préférait d'ores et déjà l'effacé de la mémoire. Sombre abruti. 

« Jake Blackford. » Lâche-t-elle, la voix éteinte. « Ingénieur en système énergétique, membre cybernétique de seconde main, Qi légèrement plus élevé que la moyenne, goujat de bas étage, lâche incontesté et alcoolique notoire. »

Conclue Dyvan de ce timbre de voix froid et lent. Atrocement lent. Elle savoure déjà sa victoire face à la perplexité de son ex-compagnon. Elle penche la tête sur le côté, d'un geste presque trop mécanique pour être humain avant finalement que son buste ne se penche en avant et qu'elle ne se redresse pas. Perchée sur des talons vertigineux, Dyvan est presque aussi grande que lui, position tendue, altière. Elle fait un pas en avant, dardant ses yeux sur Jake puis murmure, l'ombre d'un sourire mauvais aux lèvres.

« Bonsoir Jake. Je vois que tu ne t'es pas amélioré avec le temps... Toujours ce même langage fleurit qui fait ta pathétique renommée. »

Dyvan ne bouge pas, ne bronche pas et continue de le fixer de son regard perçant alors que son corps tout entier, tirer à quatre épingles.

« Quelle déception, j'ignorais qu'ils laissaient entrer les handicapés ici... »
le Lun 10 Juil - 0:12


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L’oscillation entre humanité et robotique était proprement consternante : d’un côté, ce physique parfaitement humain, qui d’ailleurs frôlait tant la perfection qu’on n’y aurait plutôt vu un androïde, avec en plus de cela, ses gestes sommes toutes très mécaniques, ce visage sans émotion et ce regard vide. Et le tout assemblé ressemblait trop à une version améliorée (ou pire) de la Dyvan de ses souvenirs, pour être vrai. A sa boutade de très mauvais goût quant à la fonction du droïde, Jake ne put s’empêcher de lâcher un rire goguenard, qui s’arrêta net lorsque la créature prit la parole pour l’identifier. Et l’insulter par la même occasion. Hum, les scientifiques s’étaient vraiment lâchés sur ce prototype, et avaient peut-être abusé de pilules magiques… ou de bière. La bière avait toujours un mauvais effet sur les péteux de première classe et sur les cerveaux qui se croyaient brillants. « Incroyable, on t’a programmé un semblant d’humour… très sommaire et pas franchement élaboré, mais c’est un pas de géant pour la science robotique… » A moins que ce ne fut les lois de la robotique qui déconnaient, dans cette caboche.

Loin de se sentir vexé, car il ne se sentait absolument pas concerné par les allocutions du robot, l’ingénieur haussa vaguement un sourcil alors que ce hochement de tête puis cette manière de se lever étaient à ce point semblables à Dyvan qu’il commençait à se poser des questions. Ce fut sans doutes ce début de sourire mauvais, ajouté à la tirade qui suivit, qui permit de faire la lumière sur le mystère. Et laissa Jake sans voix pendant quelques secondes, où il regarda Dyvan la robot avec un visage particulièrement figé. Sa bouche bée se transforma toutefois en une sorte de sourire, tout sauf aimable et amusé. « …Dyvan ! Il faut croire que si, puisque toi et moi avons pu entrer ici. » Une remarque qui claqua dans l’air : lui le borgne, et elle l’étoile de mer, semblait faire rappeler l’expression de Jake. « Par les neurones d’Einstein, je ne t’aurais jamais imaginée faire partie de colons explorateurs.  Mais au moins, tu pourras m’expliquer ce que c’est que cette mode horrible. », termina-t-il de dire en désignant cette combinaison si moulante qu’elle aurait très bien pu ne rien mettre. Un petit rire surpris acheva de lui faire reprendre ses esprits. Non, vraiment, il ne voyait pas du tout son ancienne fiancée crapahuter dans la boue d’une planète totalement inconnue et potentiellement hostile. Qu’est-ce qu’elle faisait là, alors ? Pourquoi accompagner les colons alors qu’elle n’avait jamais aimé tout ce qui touchait à la nature ?

« C’est drôle… », ajouta-t-il sans pouvoir se l’empêcher, avec un sourire caustique plaqué sur les lèvres. « … j’ai toujours pensé que c’était ce même langage fleuri que tu aimais tant chez moi. Ça et… d’autres choses. », compléta-t-il en masquant à peine le double sens de sa fin de phrase, le regard faussement enjôleur. Ça, c’était en supposant qu’elle l’ait véritablement aimé un jour, mais il avait relégué ces considérations dans les archives du passé. Jake avait refait sa vie… disons, plus ou moins, ne semblant plus vouloir se fixer durablement avec quelqu’un. Une voix dans son dos le sortit de sa contemplation de Dyvan. « Jake ! », s’exclama la voix féminine, bien plus chaude et agréable que celle de Dyvan. Le concerné se retourna pour apercevoir alors la fille avec qui il avait rendez-vous. Une grande et jeune femme élancée, au regard vert et au visage aguichant, de longs cheveux noirs cascadant dans son dos dénudé par la coupe de sa robe. « Salut Bianca. », lâcha-t-il dans un sourire charmant. La dénommée Bianca obliqua son regard vers Dyvan et, pendant une fraction de seconde, la jaugea pour savoir si cette femme était à considérer comme une concurrente ou non, avant de reposer son attention sur Jake dans le plus éclatant des sourires, une lueur taquine sur ses traits finement ouvragés : « Je t’ai repéré à cause de la licorne. Ça m’a rappelé cette histoire que tu m’avais racontée. Qui est cette… charmante personne ? » Ses derniers mots étaient intensément plus froids, d’un coup. Jake esquissa un sourire en haussant les épaules, se tournant à nouveau vers Dyvan alors que Bianca s’accrocha à son bras, une moue légèrement méprisante tordant ses lèvres. « Bianca, laisse-moi te présenter Dyvan Welch. Mon ex. »
le Lun 10 Juil - 1:16


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…Dyvan ! Il faut croire que si, puisque toi et moi avons pu entrer ici.  Par les neurones d’Einstein, je ne t’aurais jamais imaginée faire partie de colons explorateurs.  Mais au moins, tu pourras m’expliquer ce que c’est que cette mode horrible.

« Je suppose qu'ils m'ont laisser venir pour les mêmes raisons qu'on laisse une moitié d'homme venir crapahuter sur une planète avec les poches pleines d'écrous. »

La jeune femme reste stoïque. Non elle ne rentrera pas dans son jeu, lui et ses petites médisances absurdes. Immobile, presque figé, Dyvan attend. Elle observe Jake sans détourner le regard, toujours avec cette attitude robotisée qui lui donnait cette expression glaciale à souhait. Pourtant la commissure de ses lèvres s'étire doucement, les joutes verbales étaient un de ces rares passe-temps auquel elle aimait s'abandonner. Malheureusement ils étaient rares ceux qui avaient le culot et la verve pour tenir face à elle.

C’est drôle… j’ai toujours pensé que c’était ce même langage fleuri que tu aimais tant chez moi. Ça et… d’autres choses.

« Parce que tu penses, toi ? C'est nouveau ça. »

Rétorque sournoisement la scientifique, l'oeil pétillant. Clairement, elle ne répondra pas à ses sous-entendus vaseux et sales. C'est vrai qu'il y avait des choses qu'elle avait adorées et plus que de raison, mais de là à se satisfaire d'un tel langage ? Jamais. Alors que le silence s'installe entre deux regards assassins, une jeune femme femme fait son entrée, interpellant l'ingénieur. Les yeux de Dyvan glissent lentement vers elle, observant sa chevelure brune et ses grands yeux verts. Bianca ? Dyvan sent une pointe de rancoeur excessive étreindre sa poitrine alors qu'elle continue de fixer la pimbêche et sourire hypocrite.

Qui est cette… charmante personne ?

« Charmante ? Oui c'est une évidence, je suis extatique. » Siffle Dyvan, acerbe. « Ôtez-vous ce sourire méprisant du visage, cela vous enlaidit. »

Et bien voilà qui ne faisait pas dans le demi mesure. Dyvan dans toute sa splendeur. La scientifique laisse son regard de glace passé de Bianca à son ex-compagnon, soutenant son regard alors qu'il se charge rapidement des présentations tendit que sa greluche se colle à lui, possessive.

Bianca, laisse-moi te présenter Dyvan Welch. Mon ex.

« La plus grande erreur de ma vie, indéniablement. » Instant de flottement, Dyvan affiche finalement un sourire mauvais, posant son regard sur la jolie brune. « J'espère que vous vous êtes préparer Bianca, j'ai cru comprendre que Jake attendait beaucoup de cette soirée en votre compagnie. Ouvrez bien grand la bouche surtout, il semble avoir hâte de pouvoir... Comment as-tu dit déjà ? Ah oui, te faire tailler une pipe. » Un rire mauvais s'élève avant que son sourire ne fane et que ses épaules se haussent. « Enfin, c'est votre choix Bianca, si vous aimez les hommes qui souffrent d’un manque de flexibilité intellectuelle, vous serez servi, son ouverture d’esprit n’est pas encore optimale. Ses connexions neuronales ne sont pas encore toutes assurées, mais le processus de réflexion devrait connaître un déblocage imminent, espérons-le. Et bien que l'on ne trouve nulle trace concrète ni même virtuelle de son activité débordante, sa marge de progression n’en demeure pas moins substantielle... Je suppose qu'il fera un excellent compagnon pour quelqu'un de votre... Rang. » Un sourire poli et qui sonnait incroyable faux étire les lèvres de la scientifique qui murmure. « Mais je vous souhaite une excellente soirée à tous les deux. »

Et sans un mot de plus, Dyvan se détourne d'eux, la démarche assurée, raide. Elle se dirige tranquillement vers le bar et s'assoit sur l'un des tabourets, dos tourné au couple dont elle semble ne plus soucier tendit que le barman dépose devant elle une fine coupe évasée qui contenait un liquide bleu fluorescent accompagné d'un petit parapluie transparent.
le Lun 10 Juil - 13:01


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Ce fut avec un demi-sourire que Jake observa l’ouverture des hostilités entre les deux femmes. Il n’y avait rien de plus réjouissant à observer qu’un combat de dindes qui caquetaient et de donnaient des coups de bec. Et Dyvan attaqua fort, très fort, dans sa façon toujours très bienséante de rabaisser les autres plus bas que terre. « Elle sourit intérieurement. », commenta Jake en aparté dans un petit hochement de tête. Mais ce qui marqua soudainement son intérêt fut la réaction de Bianca qui, loin de se démonter, agrandit au contraire son sourire pour rétorquer, dans un léger rire cristallin : « Si vous souriiez plus, vous auriez sans doutes moins peur de voir apparaître des rides marquant votre minois particulièrement peu avenant. Cela vous permettrait de ne pas perdre du temps en opérations d’encodage génétique. » Oh, c’était donc ça. Il fallait vraiment être une femme pour remarquer au premier coup d’œil ce qui semblait agréablement étrange au regard d’un homme, songea vaguement l’ingénieur. S’il y avait bien une chose qui n’avait pas changé chez Jake, c’était son goût irrésistible pour les demoiselles au caractère affirmé. Et dans cette situation précise, cela valait tout l’or du monde.

La plus grande erreur de sa vie. Il allait s’étouffer de rire, oui. « C’est pour ça que je l’ai quittée. », ajouta-t-il de la même manière que son premier commentaire, comme s’il annotait les citations d’une thèse. Son envie de rire ne tendait plus tant que ça à l’étouffer lorsque Dyvan lui rendit la monnaie de la pièce avec sa boutade de tout à l’heure. Il sentit les doigts de Bianca se crisper légèrement sur son bras, n’appréciant guère ce genre de remarque venant de ce qu’elle pensait probablement être une épave sociale. « C’est le propre des couples séparés de batailler sang et eau pour dénigrer tout ce qui fait la force du parti adverse. A l’évidence, vous ne méritiez pas le docteur Blackford, de même que vous ne rendez absolument pas justice à ses capacités qui ont été autant utiles que les vôtres pour les investisseurs de l’Evolved Corp, que je représente en partie. » Et elle conclut par un haussement de sourcil qui en disait long sur le peu de crédit qu’elle accordait aux paroles de Dyvan concernant celui avec qui elle avait l’intention de passer la soirée. « Ce fut un plaisir. », commenta Jake d’un ton sarcastique en guise d’adieu.

Un bref moment de silence accueillit le départ de celle-ci, tandis que l’ingénieur et Bianca l’observaient s’éloigner. Jusqu’au moment où la jeune femme darda ses yeux verts sur Jake, son expression indéchiffrable sur le visage ne permettant pas de savoir si elle allait rire ou au contraire hurler de rage. « Tailler une pipe ? » La mâchoire de Jake se contracta, sentant qu’il allait jouer là le résultat de sa soirée. « Je l’ai confondue avec un robot. », lâcha-t-il le plus naturellement du monde. Une moue sceptique se dessina sur les traits de sa comparse, avant qu’elle ne jette un œil sur Dyvan qui s’était installée au bar, pour finalement se radoucir en une expression amusée. « Tu n’as pas tort. Et puis, détends-toi, on ne vit plus au Moyen-Âge. » Regard entendu. « Et si nous allions enfin faire ce pour quoi nous sommes venus ici ? Offre-moi un verre. » « Après m’avoir accordé une danse, alors. » Long silence durant lequel ils se dévisagèrent en une joute où personne n’avait l’intention de céder le terrain, jusqu’au moment où un sourire mutin étira les lèvres de Bianca. « Marché conclu. », dit-elle en lui tendant une main, qu’il empoigna sans se faire prier deux fois et l’emmener sur la piste, où ils se déhanchèrent savamment au rythme de la musique, en se cherchant pour se fuir immédiatement, une tension électrisée se tissant entre eux en oubliant la présence de Dyvan.
le Lun 10 Juil - 19:13


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Assise au bar, Dyvan observe le contenu de son verre avec un air morne. Elle y avait cru si fort, à cet espoir d'une nouvelle vie sans l'ombre du souvenir de Jake pour la hanter. Et voilà qu'elle le retrouvait ici, jusque dans l'un des rares lieux où elle acceptait de se mêler à la plèbe. Et rien n'était pire que de le voir accompagné d'une greluche avec une verve aussi pendue que celle de Dyvan. Et bien qu'elle donnât peu de crédit aux paroles des autres, cette fois, elle était blessé. Jake l'avait méprisé avec une telle force à l'instant que la seule chose dont la scientifique avait envie, c'était probablement de vomir sur ses bottes. Lentement, Dyvan ramène son verre jusqu'à elle, gardant le regard ostensiblement baissé, presque soumis. Dans quoi s'était-elle encore fourré? Dyvan inspire longuement et pivote doucement sur son tabouret, se risquant à un regard en arrière. Juste à temps pour voir Jake filer sur la piste de danse avec sa nouvelle compagne et son porte-monnaie bien rempli. La haine remonte jusque dans le fond sa gorge, amer et acide comme de la bile. Dyvan trésaille face à leur sourire, leurs rires noyés sous le son de la musique et en voyant ces deux corps gigotants l'un contre l'autre. Voilà pourquoi il l'avait quitté, parce qu'elle était incapable de lâcher prise comme cette femme à la chevelure d'ébène. Lentement, Dyvan se dresse, se levant de son siège et se met à marcher, verre en main. Oh c'est une mauvaise idée, très mauvaise idée... mais aveuglée par sa colère et rancunière comme pas deux, elle ne peut s'empêcher de se faufiler jusqu'à la piste de danse avant de venir tapoter doucement l'épaule de Bianca. Lorsque celle-ci se retourne, Dyvan lève son verre et le retourne, renversant le liquide bleu sur son décolleté avant de siffler, la voix éteinte.

« Laissez-moi vous dire une chose... Rien qu'une. Vous ne représentez PAS, l'Evolved corps. Il ne suffit pas d'avoir l'argent pour ça. Certains ici ont fait leur renommée par force d'expérience et de travail acharné. Alors plutôt que de montrer votre string et vos mamelons turgescents à la première personne venue, commencez par vous rendre utile autrement qu'en vous comportant comme une allumeuse. Cela dit, je dois admettre que vous n'aurez pas besoin d'ouvrir la bouche finalement, vos cuisses sont suffisamment écartées pour cela. »

Sans douceur, elle fourre le verre vide dans les mains de Bianca avant de pivoter doucement le visage pour toiser durement Jake.

« Quant à toi... Tu me fait honte. Tu veux savoir pourquoi je t'aimais ? Parce que tu étais tout ce que je n'arrivais pas à être. Tu étais bon, drôle, toujours si doux et patient... Et même si j'avais du mal à m'ouvrir, tu faisais de moi une femme meilleure. Mais la cruauté, Jake? Cela n'a jamais fait partie de toi... Comment as-tu pu tomber si bas? »

Et malgré elle, la douleur transperce son regard, ses yeux s'humidifient sous la lueur des néons. Pourtant elle ne pleurs pas et son faciès reste toujours aussi figé. Lentement, Dyvan recule d'un pas, d'un second, mettant de la distance entre elle et le couple avant de murmurer.

« Tu m'as brisé... je ne te pardonnerais jamais... Jamais. »


Sa voix tremble mais déjà, la jeune femme pivote sur elle-même et s'éloigne d'un pas rapide. Elle est agitée, tendu. Dyvan se faufile entre les gens et ouvre rapidement la porte du club avant de se jeter dans le couloir. Sa poitrine lui fait mal, respirer devient difficile. La tension insoutenable dans sa poitrine l'oppresse plus que de raison. Blessée et humiliée, Dyvan s'éloigne à grande peine avant de s'engouffrer dans le premier ascenseur qui s'offre à elle. Elle n'a qu'une envie à présent, c'est aller se jeter dans les bras d'Édon, pleurant son malheur loin des yeux et des oreilles indiscrets.
le Lun 10 Juil - 20:23


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